Science physique & coaching

science physique & coaching


Présentation de la Formation - Atelier

Cet Atelier s'appuie sur ce que nous dit la science physique pour initier un "laboratoire d'échanges et de co-construction" où les coachs puissent prendre du recul sur leurs pratiques, et favoriser l'émergence de nouvelles idées. Cette science a façonné au long des siècles le paradigme de pensée, la vision de la "réalité" que nous partageons tous. Après avoir contribué à forger le paradigme "classique - cartésien" qui prédomine encore aujourd'hui, les 2 grandes révolutions du XXième siècle, à savoir la relativité et la mécanique quantique, ont initié la déconstruction de ce paradigme, même si cela prend un certain temps dans les esprits. Enfin, la physique du XXIième siècle, qu'on pourrait appeler la "physique de la conscience", nous conduit à une nouvelle vision de cette "réalité" aux perspectives enthousiasmantes.
Formation de type atelier, alternant exposés théoriques, échanges et partages.

Objectif de la Formation - Atelier

S'initier aux grandes lois de la science physique et s'en servir comme source d’inspiration pour le coaching, à plusieurs niveaux :
- La méthode
Analogie entre la méthode scientifique et la méthode en coaching
- Notre vision de la « réalité » :
Comment la science physique a « formaté » au cours du temps notre vision du monde et notre façon de penser
En quoi les dernières avancées de cette science nous invitent aujourd’hui à un nouveau paradigme de pensée
- Les analogies possibles
Connaître quelques références scientifiques pour les utiliser en coaching
Permettre à des idées nouvelles d’émerger

Déroulé

- Rappel de l’objectif
- Motivation
- La méthode scientifique
- Survol historique
Avant le XVIième siècle
Du XVIième au XIXième siècle : le paradigme de la « physique classique - cartésienne »
Physique du XXième siècle
Relativité
Mécanique quantique
Autres concepts inspirants
Physique du XXIième siècle : vers un nouveau paradigme
- Conclusion

Public

Coach, thérapeute, DRH

Pré-requis

Aucun (aucune culture scientifique nécessaire)

Format

  • 1 jour, à distance
  • Horaires : 9h – 12h30 ; 13h30 – 17h
  • Alternance d'exposés théoriques, d'ateliers d’échanges en sous-groupes et de partages

 

Sessions

19 Octobre, 26 Novembre, 17 Décembre 2021

Tarif

300 euros HT (200 euros HT si auto-financé)

Formation potentiellement éligible au financement par FAF ou OPCO.


Formation(s) Connexe(s)

Physique quantique & Coaching : cette formation dure une demie journée et étudie plus spécifiquement l’apport de la physique quantique au coaching.

Science Physique : Exemples d'Analogies Inspirantes pour le Coaching

La théorie de la relativité (restreinte puis générale) a été élaborée par Einstein (respectivement en 1905 et 1915). Elle offre un cadre nous permettant de comprendre l’infiniment grand, qui constitue la meilleure théorie disponible aujourd’hui dans ce domaine. Comme la mécanique quantique pour l’infiniment petit, elle a bouleversé notre appréhension du monde et nous a appris des choses incroyables pour notre « bon sens ».

La relativité restreinte découle du fait que la vitesse de la lumière est une constante indépendante du mouvement de l’espace dans lequel on se trouve. Elle nous dit que :
o Le temps n’est pas une notion absolue et indépendante mais est lié à l’espace (on parle d’« espace-temps ») et de même qu’on admet facilement de nos jours le caractère relatif de l’espace (la trajectoire d’une balle dans un train est différente de celle qu’elle a vue du sol), l’on doit admettre aussi celui du temps qui lui est associé : chaque individu du fait de l’unicité de l’espace qui lui est lié possède un temps qui lui est propre. Dans l’absolu nous avons tous un temps différent, simplement aux échelles où nous évoluons cette différence est imperceptible.
o La matière et l’énergie sont de même nature (cf la fameuse équation d’Einstein E=mc2). La matière est essentiellement due à l’énergie de liaison des quarks à l’intérieur des atomes : on pourrait dire que la matière est une forme condensée de l’énergie.
o Par rapport à un observateur, aller vite a pour effet de ralentir le temps et contracter les distances
o Il est possible en théorie de voyager dans le temps comme dans l’espace (le temps est traité comme de l’espace au sein de l’espace-temps)

La relativité générale étend cette relativité de l’espace-temps en y ajoutant l’influence de la matière. L’idée de base est que subir une force de gravitation (donc une accélération A) dans une espace E1 est équivalent à être au repos dans un espace E2 qui possède une accélération A par rapport à E1 (dit autrement, on ne peut pas faire de différence entre être sur la terre et donc subir une accélération due à la pesanteur et se trouver dans un ascenseur dans l’espace inter-stellaire sans gravité tiré par une corde avec la même accélération que celle que l’on ressent sur la terre). Cette idée est à l’origine de l’équation d’Einstein qui relie l’espace-temps à la matière : la matière a pour effet de courber l’espace-temps. De même que la relativité restreinte nous disait que le temps n’est pas donné a priori, la relativité générale nous dit que l’espace-temps non plus n’est pas donné a priori (comme une scène dans laquelle viendrait se loger des objets) mais qu’il est façonné par la matière : autrement dit, le contenant et le contenu sont intimement liés, ils seraient comme les 2 facettes d’une même chose.
o Par rapport à un observateur, se trouver à proximité d’une masse importante a pour effet de ralentir le temps

Qu’est-ce que tout ça peut nous inspirer comme analogie dans le coaching ?

o Chacun d’entre nous occupe une place unique dans l’espace. De ce fait la théorie nous dit que chacun a un espace-temps qui lui est propre. Dans la pratique on ne perçoit pas ce phénomène mais il est bien vrai. Déjà d’un strict point de vue physique on voit que chacun a un point de vue différent sur le monde. Par analogie, on peut dire que chacun accède à une réalité différente.
o Le sentiment que le manque de temps est à mettre en regard du manque d’espace. Avez-vous remarqué que l’on a l’impression d’avoir plus de temps lorsqu’on est dans un grand espace (comme à la montagne par exemple) ? Quand on a l’impression de manquer de temps, peut-être que la solution serait d’avoir plus d’espace ? Et au final avoir plus d’espace-temps n’est-ce pas être plus conscient ?
o Comment concilier le fait que le futur est déjà présent (puisqu’il est possible théoriquement de se déplacer dans le temps) avec le libre-arbitre ? La réponse nous est donnée par quelques physiciens avant-gardistes comme Philippe Guillemant : c'est la conscience qui nous permet de changer ce futur. Sans conscience, nous agissons comme des robots programmés par nos croyances et conditionnements et donc le futur se déroule mécaniquement comme conséquence du passé. Avec de la conscience nous pouvons changer ce futur par l’action de nos intentions et l’attention portée au présent. Tout le travail du coaching est de permettre de gagner en conscience au moins pendant le temps d’une séance… ce qui peut nous ouvrir des possibilités de changement dans notre futur.

Considérons un sujet très porteur en ce moment : la physique quantique. Ce sujet est à la mode en particulier dans le domaine du coaching, où certains parlent de « coaching quantique ». Je n’adhère pas du tout à cette mode qui consiste à utiliser une théorie scientifique pour justifier par extrapolation des postulats dans le domaine du coaching ou dans d’autres domaines. Cela dit, comme pour les autres articles de ce site, je trouve éclairant de s’appuyer sur ce que nous dit la science pour imaginer des « analogies inspirantes » tout en gardant bien en tête qu’il ne s’agit que d’analogies et que cela n’a rien de scientifique(1).

Tout d’abord, de façon très simplifiée, rappelons de quoi il s’agit. La mécanique quantique (qui décrit l’infiniment petit) constitue avec la relativité générale (qui décrit l’infiniment grand) une des 2 grandes théories physiques du XXième siècle qui ont bouleversé notre compréhension du monde. Ces 2 théories ont remis en cause ce que nous intimait de croire notre « bon sens »(2). Donc pour faire simple la mécanique quantique nous apprend des choses incroyables pour notre bon sens du genre :

  • Une « particule élémentaire »(3) isolée se trouve dans une superposition d’états tant que l’on ne l’a pas observée (par ex elle est à plusieurs endroits à la fois…)
  • L’acte d’observation / de mesure de l’état de la particule n’est pas neutre : il va influer sur l’état de la particule en provoquant en quelque sorte le « choix » par celle-ci d’un état parmi la superposition d’états dans lequel elle se trouve : on parle de réduction du paquet d’ondes. Ce choix possède un caractère indéterministe fondamental : on ne peut connaître que sa probabilité.
  • Les mesures des états observées sont quantifiées : elles ne peuvent prendre que des valeurs discrètes (i.e. sans continuité, seules certaines valeurs sont autorisées).
  • 2 particules liées, éloignées ensuite d’une distance quelconque, gardent leurs états corrélés : l’observation d’une particule provoque un « choix » d’état qui entraîne instantanément(4) un choix corrélé de la particule liée : on parle d’intrication quantique. Cette intrication a donc lieu dans l’espace… mais également dans le temps.
  • Le principe d’indétermination, aussi connu sous le nom de principe d’incertitude de Heisenberg, affirme qu’il existe une limite fondamentale à la précision avec laquelle il est possible de connaître simultanément deux propriétés physiques « conjuguées » d’une même particule : une augmentation de précision sur une des propriétés entraînera une diminution de précision sur l’autre.

Enfin, notons que la matière est constituée à plus de 99% de vide, ce vide n’étant pas vraiment vide mais une sorte de potentiel, source de « fluctuations quantiques » d’où peut émerger la matière.

Comme pour le principe de moindre action, sur ce dernier point on peut trouver des analogies dans le taoïsme ou le bouddhisme qui parlent de vacuité d’où émerge notre réalité. Le vide quantique semble rejoindre la vacuité bouddhiste.

Certes à l’échelle humaine nous ne voyons pas un objet dans 2 états en même temps, du genre une porte à la fois ouverte et fermée… néanmoins il n’y a pas de frontière bien établie à ce jour entre ce qui relève du quantique et ce qui relève de notre échelle d’expérience. Aussi il ne paraît pas absurde de chercher des analogies à ces principes à l’échelle humaine même si encore une fois il faut prendre des précautions et ne pas affirmer cela comme s’il s’agissait d’un fait scientifique.

Qu’est-ce que tout ça peut bien nous inspirer pour le coaching ?

On pourrait se dire qu’à chaque instant, un individu a une superposition de « possibilités de choix » et que le choix qu’il fait résulte de sa qualité de conscience ainsi que de celle du coach (influence de l’observateur : ici coach et coaché observant une « réalité »). On retrouverait de ce fait un principe de coaching à savoir l’égale et co-responsabilité du coach et du coaché dans le résultat du coaching. Par rapport aux choix effectués à chaque instant, les probabilités les plus fortes correspondraient aux choix que l’on fait le plus inconsciemment (de façon automatique), amener de la conscience correspondrait au fait d’augmenter la probabilité de choix inhabituels. On comprend aussi l’importance d’adopter un vocabulaire le plus possible proche de la « réalité » car c’est celui qui favorise la qualité de l’observation.

L’intrication nous offre une analogie de corrélation entre « l’état » du coach et du coaché (et en dehors du coaching, l’analogie pourrait porter par exemple sur le phénomène de transmission de pensée…). On retrouverait là encore un principe de coaching à savoir qu’il s’agit d’un apprentissage pour le coach aussi bien que pour le coaché.

Une analogie du principe d’indétermination pourrait être : on ne peut pas se concentrer sur 2 choses en même temps !

Une analogie du vide dont nous sommes constitués : le silence ! Comme du vide émerge la matière, du silence émerge la parole ! Donc taisons-nous 99% du temps !!

D’autres idées ?

 

(1) Il se peut néanmoins qu’on arrive un jour à trouver des explications dans ce qui relève aujourd’hui de l’analogie : on peut espérer que la physique du XXIième siècle fera des percées dans le domaine de la conscience jusqu’ici non abordée par la majorité des physiciens. Cela permettra peut-être d’asseoir des postulats aussi dans le domaine du coaching… mais on n’en est pas encore là aujourd’hui !

 (2) A ce sujet il faut noter que le phénomène n’est pas nouveau : chaque avancée scientifique a commencé par une remise en cause du « bon sens » unanimement partagé, cf Galilée. Avoir conscience de cela devrait nous rendre plus humble quant à nos certitudes issues du « bon sens ».

(3) « particule élémentaire » entre guillemets car il faut bien voir que notre langage n’est pas adapté pour décrire cette réalité là. On parle de dualité onde-corpuscule pour signifier que cette « particule élémentaire » peut se comporter comme une onde ou un corpuscule, mais au final il faut voir que notre vocabulaire s’est constitué à partir de l’expérience de la réalité que nous avons à notre échelle humaine et que l’expérience de l’infiniment petit ne nous ayant pas été accessible jusqu’à peu, nous n’avons pas forgé de mot capable d’en rendre compte précisément.

(4) Le mot « instantanément » est le point clef. Il semble défier le postulat de la vitesse maximum possible dans l’univers à savoir la vitesse de la lumière. En fait il n’en est rien car aucune information n’est transmise, et l’explication de cette simultanéité pourrait se trouver selon certains physiciens dans le fait que le lien en question se situe en dehors de l’espace-temps.

Le principe de moindre action est un principe fondamental en physique, remarquable par sa simplicité et par le fait qu’il semble être le dénominateur commun à toutes les lois de la physique : en effet, ce principe peut être utilisé pour retrouver les lois de la physique dans tous les domaines : mécanique classique, électromagnétisme, relativité générale, mécanique quantique !

Que dit le principe de moindre action ? Historiquement, il a été formulé par Maupertuis au 18ième siècle pour la mécanique : « Voici ce principe, si sage, si digne de l’Être suprême : lorsqu’il arrive quelque changement dans la Nature, la quantité d’Action(1) employée pour ce changement est toujours la plus petite qu’il soit possible. » Par exemple en mécanique, cela signifie que pour relier 2 points, un corps soumis à la seule pesanteur suit un trajet en forme de parabole, ce qui lui permet de dépenser le moins d’énergie à chaque instant. En optique géométrique, comme énoncé par Fermat il implique que la lumière se propage d’un point à un autre sur la trajectoire pour laquelle la durée du parcours est localement minimale (donc en ligne droite dans un milieu homogène). En relativité générale, la particule suit le trajet dont le temps propre est le plus long dans l’espace-temps courbé par la matière…

Extrapolons ce principe :

On peut voir une forte analogie avec la sagesse taoïste qui prône une action minimale pour une efficacité maximale. On peut voir aussi des analogies avec le geste quasi parfait du sportif de haut niveau qui optimise la quantité d’effort pour atteindre le résultat optimal : aucun effort superflu, aucune dépense d’énergie inutile dans le geste du champion de tennis qu’est Roger Federer ! De même dans le principe du Judo à savoir utiliser l’énergie de l’adversaire pour le faire tomber en dépensant une énergie minimale.

En entreprise, on le retrouve dans les pratiques Lean & Agile qui cherchent à minimiser tout gaspillage d’énergie : chaque action ne trouve sa justification que dans sa « valeur ajoutée » et dans son caractère optimal. Par exemple dans la méthode Agile le fait de procéder à de nombreuses itérations (sur les tâches, le produit, le process) permet d’avoir un feedback aussi rapide que possible et ainsi corriger en permanence la trajectoire du projet en ne lui permettant pas de dévier.

On voit que ce principe physique a une forte résonance dans le monde vivant.

Et en particulier dans le coaching ?

Je vois plusieurs implications possibles :

  • Un coaching ne devrait pas être trop long (ordre de grandeur : la dizaine de séances)
  • De même une séance de coaching ne devrait pas durer trop longtemps
  • Le coach ne devrait pas avoir à connaître « plus que nécessaire » sur le contenu du problème du client. A partir d’un certain moment, les informations supplémentaires n’apportent rien au coaching et sont plutôt contre-productives, risquant de « noyer le poisson »
  • Le coach devrait intervenir de façon sobre. Une seule question, un seul mot pouvant avoir un impact fort pour le coaché, là où une longue discussion n’apporterait pas de changement.
  • L’importance de coller à la réalité, c’est-à-dire d’utiliser un vocabulaire concret, au plus proche des faits et non pas trop abstrait : on peut y voir une analogie de « plus court chemin » vers la réalité. Parler en termes abstraits ne fait que s’éloigner de la réalité dans le sens où l’écart entre le mot et la chose est plus grand(2). Sachant que le propre du coaching est de permettre la remise en cause de « sa réalité » on comprend l’importance de ce point.

Certes, tout ce qui est avancé ici n’est pas nouveau et est partagé par les différentes écoles de coaching. Il n’en demeure pas moins qu’il est intéressant de voir qu’on peut faire un lien entre ces pratiques et le principe de moindre action.

D’autres idées d’analogie ?

(1) L’action est définie comme le produit de l’énergie dépensée par le temps
(2) Voir à ce sujet la « Sémantique générale » de Alfred Korzybski