Physique quantique

Considérons un sujet très porteur en ce moment : la physique quantique. Ce sujet est à la mode en particulier dans le domaine du coaching, où certains parlent de « coaching quantique ». Je n’adhère pas du tout à cette mode qui consiste à utiliser une théorie scientifique pour justifier par extrapolation des postulats dans le domaine du coaching ou dans d’autres domaines. Cela dit, comme pour les autres articles de ce blog, je trouve éclairant de s’appuyer sur ce que nous dit la science pour imaginer des « analogies inspirantes » tout en gardant bien en tête qu’il ne s’agit que d’analogies et que cela n’a rien de scientifique(1).

Tout d’abord, de façon très simplifiée, rappelons de quoi il s’agit. La mécanique quantique (qui décrit l’infiniment petit) constitue avec la relativité générale (qui décrit l’infiniment grand) une des 2 grandes théories physiques du XXième siècle qui ont bouleversé notre appréhension du monde. Ces 2 théories ont remis en cause ce que nous intimait de croire notre « bon sens »(2). Donc pour faire simple la mécanique quantique nous apprend des choses incroyables pour notre bon sens du genre :

  • Une « particule élémentaire »(3) isolée se trouve dans une superposition d’états tant que l’on ne l’a pas observée (par ex elle est à plusieurs endroits à la fois…)
  • L’acte d’observation / de mesure de l’état de la particule n’est pas neutre : il va influer sur l’état de la particule en provoquant en quelque sorte le « choix » par celle-ci d’un état parmi la superposition d’états dans lequel elle se trouve : on parle de réduction du paquet d’ondes. Ce choix possède un caractère indéterministe par principe : on ne peut connaître que sa probabilité.
  • Les mesures des états observées sont quantifiées : elles ne peuvent prendre que des valeurs discrètes (i.e. sans continuité, seules certaines valeurs sont autorisées).
  • 2 particules liées, éloignées ensuite d’une distance quelconque, gardent leurs états corrélés : l’observation d’une particule provoque un « choix » d’état qui entraîne instantanément(4) un choix corrélé de la particule liée : on parle d’intrication quantique. Cette intrication a donc lieu dans l’espace… mais également dans le temps.
  • Le principe d’indétermination, aussi connu sous le nom de principe d’incertitude de Heisenberg, affirme qu’il existe une limite fondamentale à la précision avec laquelle il est possible de connaître simultanément deux propriétés physiques « conjuguées » d’une même particule : une augmentation de précision sur une des propriétés entraînera une diminution de précision sur l’autre.

Enfin, notons que la matière est constituée à plus de 99% de vide, ce vide n’étant pas vraiment vide mais une sorte de potentiel, source de « fluctuations quantiques » d’où peut émerger la matière.

Comme pour le principe de moindre action, sur ce dernier point on peut trouver des analogies dans le taoïsme ou le bouddhisme qui parlent de vacuité d’où émerge notre réalité. Le vide quantique semble rejoindre la vacuité bouddhiste.

Certes à l’échelle humaine nous ne voyons pas un objet dans 2 états en même temps, du genre une porte à la fois ouverte et fermée… néanmoins il n’y a pas de frontière bien établie à ce jour entre ce qui relève du quantique et ce qui relève de notre échelle d’expérience. Aussi il ne paraît pas absurde de chercher des analogies à ces principes à l’échelle humaine même si encore une fois il faut prendre des précautions et ne pas affirmer cela comme s’il s’agissait d’un fait scientifique.

Qu’est-ce que tout ça peut bien nous inspirer pour le coaching ?

On pourrait se dire qu’à chaque instant, un individu a une superposition de « possibilités de choix » et que le choix qu’il fait résulte de sa qualité de conscience ainsi que de celle du coach (influence de l’observateur : ici coach et coaché observant une « réalité »). On retrouverait de ce fait un principe de coaching à savoir l’égale et co-responsabilité du coach et du coaché dans le résultat du coaching. Par rapport aux choix effectués à chaque instant, les probabilités les plus fortes correspondraient aux choix que l’on fait le plus inconsciemment (de façon automatique), amener de la conscience correspondrait au fait d’augmenter la probabilité de choix inhabituels. On comprend aussi l’importance d’adopter un vocabulaire le plus possible proche de la « réalité » car c’est celui qui favorise la qualité de l’observation.

L’intrication nous offre une analogie de corrélation entre « l’état » du coach et du coaché (et en dehors du coaching, l’analogie pourrait porter par exemple sur le phénomène de transmission de pensée…). On retrouverait là encore un principe de coaching à savoir qu’il s’agit d’un apprentissage pour le coach aussi bien que pour le coaché.

Une analogie du principe d’indétermination pourrait être : on ne peut pas se concentrer sur 2 choses en même temps !

Une analogie du vide dont nous sommes constitués : le silence ! Comme du vide émerge la matière, du silence émerge la parole ! Donc taisons-nous 99% du temps !!

D’autres idées ?

 

(1) Il se peut néanmoins qu’on arrive un jour à trouver des explications dans ce qui relève aujourd’hui de l’analogie : je fais le pari que la physique du XXIième siècle fera des percées dans le domaine de la conscience jusqu’ici non abordée par la majorité des physiciens (pas tous : cf Pauli et plus près de nous Penrose) ce qui permettra peut-être d’asseoir des postulats aussi dans le domaine du coaching… mais on n’en est pas encore là aujourd’hui !

 (2) A ce sujet il faut noter que le phénomène n’est pas nouveau : chaque avancée scientifique a commencé par une remise en cause du « bon sens » unanimement partagé, cf Galilée (et non ce n’est pas le soleil qui tourne autour de la terre pourtant on dirait ! et non la bille de plomb et la plume ne tombent pas à vitesse différente dans le vide…). Avoir conscience de cela devrait nous rendre plus humble quant à nos certitudes issues du « bon sens »…

(3) Je mets « particule élémentaire » entre guillemets car il faut bien voir que notre langage n’est pas adapté pour décrire cette réalité là. On parle de dualité onde-corpuscule pour signifier que cette « particule élémentaire » peut se comporter comme une onde ou un corpuscule, mais au final il faut voir que notre vocabulaire s’est constitué à partir de l’expérience de la réalité que nous avons à notre échelle humaine et que l’expérience de l’infiniment petit ne nous ayant pas été accessible jusqu’à peu, nous n’avons pas forgé de mot capable d’en rendre compte précisément.

(4) Le mot « instantanément » est le point clef. Il semble défier le postulat de la vitesse maximum possible dans l’univers à savoir la vitesse de la lumière. En fait il n’en est rien car aucune information n’est transmise, et l’explication de cette simultanéité pourrait se trouver selon certains physiciens dans le fait que le lien en question se situe en dehors de l’espace-temps.

 

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